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Plan de relance automobile : l'Etat lâche 6,5 milliards

Plan de relance automobile : l'Etat lâche 6,5 milliards6,5 milliards d'euros seront débloqués pour les constructeurs sous forme de prêts à taux préférentiels, en échange d'engagements sur l'emploi, les rémunérations et les dividendes. L'aide aux sous-traitants et aux filiales de services financiers est doublée.

Nicolas Sarkozy réunissait aujourd'hui les acteurs de la filière automobile, le Premier ministre, le ministre chargé de la relance Patrick Devedjian, et le secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie Luc Chatel pour annoncer les mesures de soutien destinées au secteur automobile. L'Etat prodiguera aux constructeurs 6,5 milliards de prêts à taux bonifié sur cinq ans, à des taux inférieurs de moitié aux prix du marché : 3 milliards iront à Renault et PSA, et 0,5 milliard à Renault Trucks (poids-lourds).

En contrepartie, durant toute la durée du prêt, les dirigeants des deux constructeurs français se seraient engagés selon les Echos et Le Figaro à faire les concessions suivantes : pas de fermeture de sites en France, pas de plans sociaux, une réduction des bonus pour les dirigeants, et la modération des dividendes. La direction de PSA se serait montrée la plus difficile à convaincre.

Renault et PSA devraient par ailleurs doubler leur contribution au fonds de modernisation des équipementiers, soit 200 millions d'euros chacun au lieu de 100 millions. Le doublement de l'apport de l'Etat finit de porter la capacité du fonds à 600 millions d'euros.

Enfin, l'aide de l'Etat aux établissements financiers Renault et PSA est doublée, à 2 milliards d'euros.

Pas de plans sociaux, mais quid du chômage partiel

Ces mesures représentent certes une bonne nouvelle sur le front de l'emploi. Mais, d'une part ces mesures arrivent après plusieurs vagues de suppressions de postes chez Renault et PSA : 6.300 départs volontaires ont eu lieu chez PSA en 2007 et 2008, et Renault a lui aussi entamé un dégraissage de 6.000 personnes. D'autre part, qui dit pas de plan social ni de fermeture définitive d'usine n'écarte pas les mesure de chômage partiel, qui touchent durement la France depuis le troisième trimestre 2008. D'ailleurs, si le gouvernement lâche du lest sur le financement de l'industrie, il prépare en parallèle une réforme du chômage partiel dont constructeurs et équipementiers attendent beaucoup. Obtenir une refonte rapide du système devient d'autant plus urgent pour eux s'ils ne peuvent plus manier le levier des licenciements. Il faut donc s'attendre à ce que la flexibilité prennent cette forme là.

Aujourd'hui, la part de la production totale réalisée en France représente seulement 49% chez Renault, et 38% chez PSA, qui produisait 13% de ses véhicules européens dans des pays low cost en 2007. La République Tchèque comptait alors pour 6% de la production mondiale du groupe, la Slovaquie pour 5%, l'autre pays à bas coût en Europe étant la Turquie. Alors que la France, toutes branches confondues, représentait 64% des effectifs mondiaux de PSA en 2001, elle ne comptait plus en 2007 que pour 55%.

Plusieurs millions d'économie sur les bonus ?

Du côté de la rémunération des dirigeants, Carlos Ghosn avait déjà annoncé qu'il tirait un trait sur son bonus cette année (la part variable de sa rémunération avait atteint 1,392 million d'euros l'an passé, en plus de son salaire fixe s'élevant à 1,2 million d'euros). Christian Streiff, qui a touché un bonus de 995.000 euros l'année dernière, aurait donc consenti lui aussi à quelques concessions. Chez PSA, le montant total de la rémunération des dirigeants (directoire, direction générale, dirigeants rattachés au président du directoire, conseil de surveillance), hors options d'achat d'actions, s'était montée à 11,5 millions d'euros pour l'exercice 2007, en augmentation de 60% par rapport à l'enveloppe 2006, bonus compris.

Dividendes : coup d'arrêt pour Renault

Concernant les dividendes, la pilule doit être dure à avaler pour Carlos Ghosn, qui avait fait de la croissance du dividende un cheval de bataille. De fait, il est passé ces trois dernières années de 2,4 euros par action versé au titre de l'exercice 2005, à 3,10 euros par action l'année suivante, puis 3,80 euros au titre de l'exercice 2007. Pour 2008, il était prévu autour de 4,50 euros. Jusqu'où sera prêt à descendre Carlos Ghosn ? De son côté, PSA avait versé un dividende de 1,50 euro par action en 2007, après quatre année de stagnation à 1,35 euro.

Reste à connaître les détails des engagements des constructeurs. D'ores et déjà, les syndicats se sont exprimés dans la presse pour réclamer que les contreparties soient négociées avec les partenaires sociaux.

Source et rédaction: www.usinenouvelle.com - Raphaële Karayan
 
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