| La faillite, première crainte des patrons de TPE |
|
Les très petites entreprises (TPE) ont peur de l'avenir.
Une étude trimestrielle réalisée par Ifop et Fiducial entre fin janvier et mi-février, et publiée jeudi 26 février, montre que 38% des chefs de TPE table sur une cessation de leur activité au cours de l'année 2009 et 30% jugent leur situation financière préoccupante. Les faillites sont devenues les principales craintes des chefs d'entreprise, à 69%. Suivent le gel des crédits bancaires (47%) et la hausse de l'inflation (46%). Fiducial et l'Ifop ont aussi questionné des banquiers, qui à 79% se disent inquiets des répercussions de la crise sur l'activité de leurs clients TPE. Finances dans le rouge « Les entreprises débauchent, 50% des décisions d'investissement sont stoppées, c'est Peur sur la ville », a expliqué Christian Latouche, PDG de Fiducial. A l'origine du pessimisme des entrepreneurs, leur situation financière. L'indice d'évaluation du moral des entrepreneurs par rapport à leurs finances a plongé de 21 points en 2008, contre une chute limitée de 3,5 points en 2007. Quant aux prévisions financières, l'indice perd 19 points en un an. Les banques ne facilitent pas la tâche. Les conditions d'accès au crédit bancaire ont été durcies, selon 22% des TPE. Si bien que seules 28% d'entre elles en ont fait la demande dans les deniers mois. Pour 21% de ces dernières, les banques ont refusé un nouveau prêt ou financement. 14% ont bien obtenu une aide des banques mais pour un montant moindre que celui réclamé. 95% des TPE estiment trop élevés les montants des commissions et des intérêts facturés par les banques. Plan de relance contesté Les chefs de TPE émettent des réserves à l'encontre du plan de relance, même si ils ne le rejettent pas en bloc. Seuls 32% d'entre eux estiment qu'il pourra avoir un effet positif sur leur activité. Pour eux, un second plan de relance est une nécessité. Une grande majorité des chefs d'entreprise (84%) tablent sur une augmentation des impôts, qui alourdirait encore leurs difficultés. Le gouvernement a entrepris une série de mesures destinées à relancer le marché pour les TPE. Depuis décembre, les TPE de moins de dix salariés bénéficient d'une exonération totale de charges patronales des salariés payés au Smic pour toute embauche réalisées en 2009. L'exonération est ensuite dégressive et s'annule pour des salaires supérieurs ou égaux à 1,6 fois le Smic. Une mesure qui selon Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'Emploi, aurait « permis 3 000 embauches par jour depuis 15 jours ». Reste que dans les chiffres la réalité semble différente. L'emploi au cœur de la crise Premier employeur en France, les TPE sont estimées à 2,6 millions, dont 97% comptent entre zéro et 19 salariés. Or au cours des deux derniers trimestres 2008, les suppressions de postes ont atteint les plus hauts niveaux depuis la création du baromètre, respectivement à +8% et +9%. L'indice des créations nettes d'emplois a atteint un nouveau record, à -2,5%. Seules 5,5% des TPE ont créé des emplois au dernier trimestre 2008. Sans amélioration à l'horizon, selon les prévisions des chefs d'entreprises. Dans ce contexte, Jean-Marc Jaumouillé, directeur des Techniques Professionnelles chez Fiducial précise que les chefs d'entreprise TPE « n'ont pas attendu les éditoriaux enflammés sur les bonus des patrons pour ajuster leur rémunération. La survie de leur entreprise en dépend ». Plus globalement sur la situation économique de la France, ils sont 62% à penser que la crise aura de graves répercussions sur leur activité et 56% à tabler sur une récession durable jusqu'en 2010 au moins (28% au-delà). Jean-Marc Jaumouillé garde une touche d'optimisme et précise que « l'avantage des TPE, c'est qu'elles sont à la fois plus fragiles, mais aussi plus souples et réactives ». Source et rédaction : www.usinenouvelle.com - Barbara Leblanc |
| < Précédent | Suivant > |
|---|








