| La chasse au lithium est ouverte |
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Le plus léger des métaux pourrait devenir un poids lourd de l'extraction minière si les multiples projets de voiture électrique débouchaient sur une commercialisation de masse.
La voiture électrique est la solution et le lithium son sésame. Telle semble être la nouvelle profession de foi des constructeurs américains, qui travaillent sur des batteries lithium-ion pour alimenter leurs futurs modèles. General Motors va ainsi lancer la Volt, et Ford un véhicule hybride raccordable (plug-in), pour lequel il a signé un contrat de fourniture annuelle (à partir de 2012) de 5000 batteries lithiumion avec l'usine de Nersac, une jointventure de Johnson Controls et Saft. Le français Bolloré parie quant à lui sur la technologie lithium métal-polymère pour sa Blue Car, conçue par sa filiale Batscap en collaboration avec Pininfarina. Grand espoir des produits miniers -certains lui prédisent un succès semblable à celui du pétrole!-, le lithium était traditionnellement utilisé pour la production d'aluminium de première fusion, de graisses lubrifiantes et, surtout, pour la fabrication du verre, de céramiques et d'émaux. L'utilisation croissante de batteries lithium-ion pour alimenter ordinateurs et téléphones portables en a rapidement fait la première destination du métal qui, traité, se présente sous forme de poudre blanche. Si l'offre potentielle est actuellement largement supérieure à la demande, le succès des véhicules équipés d'accumulateurs au lithium changerait la donne. « Sans compter les batteries embarquées par les avions et, à plus long terme, le marché des énergies renouvelables », souligne-t-on chez Saft, qui fournira l'accumulateur du prochain hybride de Mercedes. Disposant d'un démonstrateur au Royaume-Uni, le français fabriquera par ailleurs des batteries pour réguler l'arrivée sur le réseau de l'énergie d'origine solaire ou éolienne, et la stocker. Unmarché en plein essor. Pénurie en vue Profitant de la visite en France du président bolivien, Vincent Bolloré a convié Evo Morales à tester sa Blue Car. Une rencontre entre un politique désireux de valorise r les plus grands gisements mondiaux de lithium et un industriel soucieux de sécuriser ses approvisionnements. La Bolivie investit6millions de dollars pour bâtir une usine pilote. « Il en faudrait 200 millions », estime t-on chez Eramet, groupe auquel Bolloré s'est associé dans ses ambitions minières. Les japonais Mitsubishi et Sumitomo, et le coréen LG Group (qui doit fournir GM), lorgnent également sur les richesses andines. A l'inverse, Toyota et Honda préfèrent miser sur la technologie éprouvée des batteries nickelmétal hybride, estimant instables les batteries lithium-ion. Tous deux doutent aussi de l'existence de réserves suffisantes à long terme... Une récente étude du cabinet français Meridian International Research annonce une rapide pénurie de lithium en cas de succès de la voiture électrique. Tandis que le vice-président du spécialiste des batteries A123, Ric Fulop, assure qu'il y a assez de lithium sur terre pour « plusieurs milliards » de véhicules électriques. « A moyen terme, l'offre restera sensiblement supérieure à la demande », rassure Marcel Genet, le responsable de Laplace Conseil. La limitation actuelle de l'utilisation du lithium se situe au niveau du cycle thermodynamique du moteur électrique, loin d'être optimal. « Il faut être attentif à l'économie de la filière et pas seulement à son écologie », souligne le consultant, pointant le coût plus élevé de la puissance transmise aux roues dans une voiture électrique. Source et rédaction: www.usinenouvelle.com - Daniel Krajka |
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