| Fermeture définitive de l'aciérie d'ArcelorMittal à Gandrange |
L'aciérie de l'usine ArcelorMittal de Gandrange (Moselle), dont la fin annoncée en janvier 2008 a donné lieu à une bataille syndicale et politique, ferme définitivement ce mardi.Nicolas Sarkozy s'était rendu le 4 février 2008 dans l'usine, dont 575 emplois sur 1.100 étaient condamnés, et avait pris l'engagement d'en pérenniser l'activité par des investissements, "avec ou sans Mittal". Une centaine de salariés se sont rassemblés devant l'aciérie en début d'après-midi à l'appel de la CGT pour exprimer leur colère et "rendre hommage à ceux qui, pendant 40 années d'existence, ont fabriqué plus de 60 millions de tonnes d'acier". "Ce n'est pas une journée de deuil, c'est une journée marquée par l'imposture et la trahison de deux hommes, (le président d'Arcelor) Lakshmi Mittal et Nicolas Sarkozy", a déclaré Jacky Mascelli, secrétaire du syndicat dans l'entreprise. Il a accusé le premier d'avoir favorisé les actionnaires aux dépens des salariés en annonçant la fermeture des installations de Gandrange alors que son groupe venait d'engranger huit milliards d'euros de bénéfice en 2007. Il a accusé le second d'avoir "trompé, abusé et menti aux salariés" en promettant de pérenniser la scierie. La députée socialiste de Moselle Aurélie Filippetti, élue d'une circonscription où se situe une partie de l'usine, a fustigé les "deux responsables de cette tragédie". "Le groupe Arcelor Mittal s'était servi de Gandrange en 1999 comme d'une vitrine pour préparer ensuite son OPA sur Arcelor (...) et ensuite il n'a pas suffisamment investi", a-t-elle dit sur France Info en dénonçant les "mensonges" du président. "Nicolas Sarkozy a voulu faire un coup, retrouver les accents de sa campagne électorale quand il allait dans les usines faire des grands discours sur la valeur travail. Il a trahi la parole présidentielle et la confiance des ouvriers", a-t-elle estimé. INQUIÉTUDES SUR LE PLAN INDUSTRIEL La CFDT a renoncé pour sa part à marquer l'événement. "On a interrogé les salariés. Ils nous ont dit 'On ne va pas célébrer la mort d'un outil'", a expliqué à Reuters Edouard Martin, délégué du syndicat au sein du comité européen. La direction du groupe sidérurgique a annoncé le 17 mars dans un communiqué qu'une solution avait été trouvée pour "80% des salariés", soit 454 sur 571. Cent-trente salariés ont bénéficié de mesures d'âge, une quinzaine ont choisi un départ aidé. Le gros de l'effectif s'est vu proposer un reclassement généralement dans les usines proches de Florange en Moselle ou au Luxembourg. "Il en reste une soixantaine à qui rien de valable n'a été proposé", souligne Edouard Martin qui estime néanmoins que "sur le plan social, les choses ont plutôt mieux évolué que sur le plan industriel". ArcelorMittal s'est engagé à ce que tous les salariés conservent leur contrat de travail "jusqu'à ce qu'une proposition ferme leur soit adressée". Jacky Mascelli est plus critique et souligne qu'une majorité des salariés transférés sont dans des périodes d'essai. Sur le plan industriel, les syndicalistes sont sceptiques sur les promesses qui leur sont faites. ArcelorMittal a promis d'investir à Gandrange pour lancer de nouveaux produits et installer un centre de formation d'une capacité de 120 élèves, comme annoncé par Nicolas Sarkozy. L'entreprise a notamment confirmé ses investissements de remise à niveau des hauts-fourneaux à Florange et le choix de ce site pour un projet de captage et d'enfouissement de CO2. Reste à trouver les investisseurs prêts à apporter les 400 millions d'euros nécessaires. "Peut mieux faire", estime Edouard Martin qui s'interroge sur la réalité de ces promesses alors que "toutes les usines du groupe tournent au ralenti". Source et rédaction: Yves Clarisse - fr.news.yahoo.com |
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L'aciérie de l'usine ArcelorMittal de Gandrange (Moselle), dont la fin annoncée en janvier 2008 a donné lieu à une bataille syndicale et politique, ferme définitivement ce mardi.



